Vieillesse

Il y a peu, une vieille femme a fait dresser feu ma flamme alors qu’au café je fricotais avec une jeunette aux sourcils épais, que j’aime habituellement. Hélas! La bite jamais ne ment, et je dus me rendre à l’évidence lorsque les rayons de la providence éclairèrent ses rides folles qui traçaient, des paupières à ses guiboles, de fines lignes ombragées, comme un papier précieux froissé. Le bleu de ses yeux portait un voile, le blanc autour était gris pâle clairsemé d’autant de veines qu’elle avait connu de peines. Son goitre gai, flageolant, pareil à ceux des pélicans, lui donnait un charme flou, et, il ne valait peut-être un clou, mais, j’écrivis un bref poème que je tendis d’une main blême à sa personne distinguée. Elle le saisit de ses doigts fatigués. Sa bouche s’ouvrit en une brèche (aux coins un peu de bave sèche s’émietta dans son thé vert) lorsqu’elle eut lu tous les vers. Elle me dit alors « Mon jeune ami, je ne joue plus, lors, qu’au rami, et je vois bien à votre regard que vous attendez plus de ma part, » puis au moment de partir, elle esquissa un curieux sourire. Et je l’imaginais si belle dans sa culotte de flanelle que la mienne fut bientôt souillée. Ça, j’avais la trouille, ouais! C’était la première fois qu’une femme me filait les foies. Une beauté tétanisante parmi les vapeurs de menthe que dégageait sa concoction. Ma réponse : une érection qui dure encore à ce jour. Et mon cœur, comme un tambour, battant si fort et pour toujours, m’a rendu à jamais sourd aux criards et grêles appels des trop jeunes demoiselles.

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